La créativité à portée de main…

Article écrit par Pierre Bellefeuille et publié d’abord sur Linkedin. L’auteur a été musicien, luthier, graphiste, photographe professionnel et enseignant en graphisme en formation professionnelle, au Cégep et à l’université. On peut le trouver ici : http://www.bellefeuille-photo.ca

Dès le départ, je dirais que le titre est trompeur, car il y a différentes facettes rattachées à la créativité, n’opérant pas nécessairement sur les mêmes bases selon le contexte. La créativité peut être à portée de main, assez spontanément parfois dans notre vie quotidienne à la maison, et ailleurs elle peut devenir assez élaborée en étant rattachée à un processus plus ou moins long et complexe.

On abordera succinctement les aspects de la créativité, de l’intelligence, du génie (technique et personne), de la science et des arts, le tout parsemé de beaux liens pouvant compléter à merveille ce texte. Et si la créativité, c’était ce qui nous gardait vivants et allumés ! Il y a possiblement bien plus encore !

La créativité au quotidien, chez soi et ailleurs

Imaginons la situation suivante : on est chez soi et on désire apporter quelques changements dans la disposition et le choix des accessoires, le choix de nouvelles couleurs pour les murs, etc. Au départ, on n’a pas toujours une idée très précise de ce qu’on recherche, mais quelque chose nous pousse à désirer un changement, alors on se met à regarder des magazines, on va faire un tour dans les boutiques et chez les antiquaires, on parle à des amis de notre projet de rénovation, on regarde sur internet, etc. On peut tout aussi bien faire de la récupération en allant dans les ventes de bric-à-brac. Alors, on commence la phase initiale exploratoire, étant à la recherche de nouvelles combinaisons, on est à l’affût, nos sens sont aiguisés. On cherche l’inspiration. Au bout d’un certain temps, on fait des trouvailles, on amalgame et on finit par agencer. On aura mis en place un processus de déconstruction et reconstruction, une réorganisation de notre espace vital, parce qu’on avait besoin de se sentir différent et mieux… Jusqu’au jour où on repartira sur une nouvelle lancée… Jusque là, cette forme de créativité est assez accessible à tous et peut répondre à toutes les variantes et tous les budgets. Certes le design d’intérieur répond à des exigences plus poussées que dans cet exemple-ci.

D’autres, sur le plan culinaire, après avoir passé quelques années à explorer des livres de recettes se laisseront aller à expérimenter de nouvelles combinaisons d’épices, de nouvelles manières de préparer les gigots d’agneau et les sauces. Ailleurs on trouvera un débrouillard qui arrivera à fabriquer la pièce de rechange qu’il ne peut plus trouver pour réparer un outil ou un objet quelconque. D’autres trouveront des manières créatives de résoudre des conflits interpersonnels. Et encore, on trouvera l’amoureux ou l’amoureuse capable d’étonner et de surprendre pour le plaisir de séduire et de plaire pour nourrir le couple. Ici, l’expérience commence à faire la différence, l’ensemble des connaissances accumulées au cours des années donnera une meilleure intuition de ce qui peut être exploré avec de meilleures chances de succès. 

À propos de l’intuition : https://fr.wikipedia.org/wiki/Intuition

Plusieurs scientifiques ont déjà confirmé que la véritable intuition ne peut se produire que suivant une connaissance intime de son champ de recherche associée souvent à des années de travail. Je parlerai ici davantage de créativité appliquée. J’y reviendrai. 

De mon côté, j’ai eu la chance et le privilège d’avoir été très jeune exposé aux arts, dont la musique, l’aquarelle, la peinture et la photographie. Ma mère m’aura toujours transmis le goût d’apprendre, car elle est curieuse de nature, elle nous a transmis l’amour des livres, c’est un apport énorme dans ma vie. Plus tard, j’ai exploré les sciences humaines, ensuite une formation en arts plastiques, ensuite en infographie et plus récemment en lutherie. J’ai reçu une formation de musicien et d’artiste. À moins d’être particulièrement doué pour la technique, là où je suis tout à fait dans la normale, je dirais que la plupart des disciplines artistiques demandent une maîtrise technique si on désire que la créativité puisse s’exprimer avec force et originalité, et ça demande du temps, beaucoup de temps parfois. Une connaissance suffisamment développée d’un champ d’expertise sert aussi de manière  créative à raffiner et adapter les techniques, la progression ou les modulations peuvent donc se faire dans les deux sens. Hélas ! Sans cette maîtrise technique, la créativité sera généralement assez limitée. Il faut maîtriser les codes rattachés à chaque discipline, connaître à fond ses matériaux et ingrédients, comment ils se combinent ou s’agencent, etc. La plupart des grands musiciens et compositeurs ont été soumis à des formations très rigoureuses échelonnées sur plus de 10 ans, pour apprendre le solfège, les théories d’écriture, le contrepoint, la littérature musicale, l’harmonie, les arrangements, l’apprentissage de plusieurs instruments, la musique d’ensemble, etc. Plusieurs musiciens professionnels se seront perfectionnés avec de grands maîtres. Il en va de même avec les peintres et les photographes, lesquels seront passés par les grandes écoles, auront côtoyé d’autres grands artistes partageant les mêmes passions. C’est un bouillon de culture essentiel au développement ou l’épanouissement de l’artiste. On parle ici du travail d’une vie entièrement consacrée à sa discipline artistique. On n’a pas encore parlé des grands écrivains ici, jouant avec les combinaisons de mots, la syntaxe, les emprunts, le traitement des idées, les scénarios, la grammaire, la ponctuation, etc. ! Ouf ! Certains écrivains vont réécrire jusqu’à 20 fois des passages, et ce, pour trouver le ton juste, la bonne formule. On pourrait simplement parler du métier, celui de l’artisan, au sens traditionnel du terme, qui aura travaillé pendant toute sa vie pour arriver à produire des œuvres achevées, des chefs-d’œuvre. Dans chaque discipline on retrouve des figures de génies ayant transcendé la technique, étant allés au-delà de celle-ci, l’ayant même réinventée, étant capables de récupérer l’ensemble des codes propres à sa discipline pour en faire une œuvre touchant à la fois l’imaginaire, les émotions et le raisonnement menant à l’émerveillement. Ça, ce n’est pas nécessairement à portée de main de tous, disons pour demain, car la maîtrise des codes ne se fait pas toujours très rapidement, mis à part les cas de génie et d’exception. 

Le terme « art » est dérivé du latin, tandis que le terme « technique » est issu du grec ; dans l’antiquité, tous deux avaient exactement le même sens et désignaient non seulement la maîtrise acquise suite à la pratique d’un métier ainsi que la possession des connaissances afférentes, mais aussi les productions manuelles et intellectuelles de tous les types du travail humain. Aussi, la distinction moderne, et même l’opposition moderne, tranchent radicalement avec l’antique conception. La modernité emploie les deux termes séparément en vue de dissocier deux aspects jugés différents de la production, l’aspect pratique et l’aspect intellectuel.” 

Source de la citation ci-haut : https://unmondemoderne.wordpress.com/2013/05/26/art-et-technique-pierre-francastel-1956/

À propos de l’artisan : https://fr.wiktionary.org/wiki/artisan

À propos de la culture : https://fr.wikipedia.org/wiki/Culture

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En parlant de génie, connaissez-vous la pianiste Emily Bear ? Certes elle a des capacités hors du commun étant du niveau des Bach et Mozart :

https://en.wikipedia.org/wiki/Emily_Bear

https://www.youtube.com/watch?v=eyshyzE3yew

https://www.youtube.com/watch?v=To7EG40KofU

https://www.youtube.com/watch?v=tkJiuviYKQw

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On associe souvent la créativité et l’innovation aux grands génies, lesquels semblent avoir plusieurs points en commun, dont :

une maîtrise hors du commun des codes de leur discipline ;

intégration et restitution rapide de connaissances complexes ;

expression claire de concepts abstraits ;

• générations d’idées et concepts inédits ;

fluidité créatrice, capacité de produire des idées très différentes et d’en extraire celles étant les plus aptes à produire des résultats concrets et vérifiables ;

très curieux de nature, s’intéressant à un grand nombre de sujets variés, s’inspirant de ce qu’il se fait de mieux dans leur champ d’activité, ils savent récupérer et reformuler ce qu’ils trouvent ailleurs, ce n’est pas toujours nécessaire de chercher à réinventer la roue, car après tout on ne part jamais de nulle part ;

le sens critique, ne pas se contenter de ce qui est, ce qui recoupe

l’esprit rebelle ;

accepte de prendre des risques ou de se tromper.

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À propos de la créativité, dens liens incroyablement riches!

https://medium.com (Merci à Antonio Hilario enseignant à La Cité à Ottawa)

« Creativity from a to z » :

https://www.mycoted.com/Category:Creativity_Techniques

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Une séquence vidéo à couper le souffle, d’une grande beauté poétique et très créative, vous irez droit au but à partir du 

minutage 1:50 : https://www.youtube.com/watch?v=riohO4dcy08

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Je ne prétends pas avoir donné ici une liste exhaustive des traits associés aux génies. Je crois qu’il n’est pas nécessaire d’être un génie pour aimer explorer et créer, loin de là, il faut juste oser et accepter de prendre des risques, accepter de faire des erreurs, surtout chasser l’idée de la perfection paralysant trop de gens. D’abord juste chercher à bien faire, et certes si vous êtes un professionnel, il faut viser l’excellence, c’est qui est déjà beaucoup ! On a tous des squelettes dans nos placards, c’est-à-dire des erreurs qu’on préférerait oublier, et pourtant, sans elles, il n’y a aucun apprentissage possible.

Il est intéressant d’explorer aussi la dimension rattachée à l’imagination :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Imagination

Le génie (technique) https://fr.wikipedia.org/wiki/Génie_(technique)

Le génie (personne) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Génie_(personne)

On entend parfois dire par certains génies que le talent est fait de 5 % ou 10 % de don et 90 % à 95 % de travail. Ils n’osent même pas parler de génie, car ils sont humbles, et surtout ils savent mieux que quiconque tout le travail qu’ils auront dû accomplir pour en arriver là où ils en sont à un moment précis de leur vie. 

Je suis convaincu que beaucoup de personnes ne souhaiteraient pas nécessairement avoir la vie que certains génies ont connue, ayant été sous pression constante, ayant travaillé au point de sacrifier bien d’autres aspects de la vie permettant, disons, un équilibre psychologique. Plusieurs ont vécu une grande solitude, souvent nécessaire, mais aussi très lourde à porter. Ce sont souvent des gens très anxieux… Le prix de l’excellence est parfois trop lourd à porter dans certains milieux rendus toxiques par la recherche compulsive de l’excellence : http://www.letemps.ch/opinions/2015/11/02/course-ranking-academique-mene-suicide

Créativité et performance

Saviez-vous, par exemple, que de grands musiciens concertistes pour se maintenir au niveau des standards internationaux pratiqueront entre 50 et 70 heures par semaine presque tout le long de leur vie? Il faut le faire ! Imaginez rien qu’un instant ! On parle ici de gens dont le talent et le potentiel se sont révélés dès l’âge de 5 ou 6 ans, dont certains se seront déjà produits avec de grands orchestres dès l’âge de 14 ou 15 ans. C’est que, je pense, leurs doigts ont l’agilité de leur cerveau, tout part de là, du cerveau ! Les connexions sont là ! Ailleurs, on retrouvera d’excellents musiciens pratiquant entre 30 et 50 heures par semaines, et les autres… À la fin, je ne crois pas que ce soit aussi simple que cela que de ramener le talent aux pourcentages mentionnés plus haut, je ne pense pas qu’on puisse quantifier de la sorte les résultats hors du commun atteints par ces phénomènes humains. 

La créativité ne se manifeste pas nécessairement dans la performance technique de grands virtuoses. On entend parfois des musiciens, des machines à notes, jouer des passages admirablement rapides, mais qui nous laissent sur notre faim, car quelque chose de plus organique manque au jeu, les nuances se rattachant aux émotions.

Quant à l’intelligence, saviez-vous qu’on ne peut pas véritablement la mesurer?

Il y a différentes formes d’intelligences, lesquelles peuvent se combiner de manières très variées selon le contexte. Quant aux génies, je dirais inexistant sont ceux pouvant prétendre posséder toutes les formes d’intelligences dans tous les domaines, parce que l’expérience démontre que la grande maîtrise d’une seule discipline scientifique ou artistique peut demander le travail de toute une vie. Certains sont surdoués et arriveront à maîtriser plusieurs techniques, ils sont des cas d’exception !

Nikola Tesla fut un grand génie difficilement égalable encore maintenant :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikola_Tesla

Quand on aborde les questions de créativité dans une société de surproduction et de performance, on arrive rapidement aux sujets touchant les génies et les surdoués, car ils profitent d’une presse positive les mettant bien en évidence, là où plusieurs aimeraient bien pouvoir arracher quelques recettes magiques. L’esprit humain est à la fois complexe et imprévisible, et je crois que s’il y a un élément en commun entre plusieurs disciplines pouvant expliquer les succès, c’est le travail, le travail et encore le travail. Les gens performants, les surdoués et les très créatifs sont souvent des travailleurs acharnés, des passionnés ne se contentant jamais des réponses toutes faites, ils forgent leur esprit en s’inspirant à de nombreuses sources. Ces gens créatifs jonglent avec plusieurs hypothèses avant de faire un ou des choix, ils ne se contentent pas d’idées toutes faites du genre : « la première idée est la meilleure », ce serait bien trop facile si c’était toujours comme ça !

L’intelligence : https://fr.wikipedia.org/wiki/Intelligence

Tout aussi doué et génial que certains peuvent l’être, on sera toujours très limité par rapport à la richesse et la diversité du Monde dans son ensemble, lequel est bien trop complexe, possède bien trop de variables, pour qu’on puisse même un jour pouvoir en extraire toutes les possibilités, car la conscience de chacun est bien trop limitée dans le temps et l’espace. Dans ce sens, personne ne se met au monde seul, nous sommes tous redevables de ce que nous sommes à d’innombrables personnes. L’apport des autres est essentiel à tous ceux désirant évoluer et progresser. Et en matière de créativité, rien de tel que de s’inspirer de ce qu’il se fait de mieux partout pour nourrir l’imagination qui en retour améliorera les processus créatifs.

En science

La plupart des domaines scientifiques sont contraints à la maîtrise de nombreux codes mathématiques, ils doivent s’accompagner d’une méthodologie rigoureuse et être aussi capable de réévaluer les bases épistémologiques, les déterminants les menant à la connaissance. C’est probablement trop simplificateur ici, mais au niveau de la méthode scientifique on retrouve souvent l’hypothèse de base, le postulat, la cueillette de données, un système de tri des données (statistiques), l’interprétation, la validation ou l’invalidation de l’hypothèse de base, etc. C’est cette méthode qui permet de donner la rigueur nécessaire à la recherche. Au néophyte, le cadre de la méthode pourrait sembler trop rigide, mais à l’expert il servira de tremplin, car il sera capable d’en comprendre l’importance et l’utilité et de le transcender.

La créativité va s’exprimer en science d’une manière assez différente par rapport aux artistes-peintres par exemple. Les scientifiques et les artistes partagent souvent une zone commune, la curiosité et le goût pour l’expérimentation. Bien qu’on puisse être très rigoureux et méthodique dans les deux cas, les buts recherchés ne sont pas les mêmes de toutes évidences. Le scientifique peut toujours trouver de nouveaux procédés ingénieux lui permettant d’arriver soit plus rapidement à certains résultats, soit à faire de nouvelles percées technologiques. Il y a un effet boule de neige, la technique fait évoluer la connaissance et en boucle la connaissance fait évoluer la technique, c’est vrai pour les arts et la science. Par contre, les grandes révolutions ne se produisent pas tous les jours en science, je parle de concepts forçant à revoir certaines bases scientifiques, tout comme le fut le fameux E=MC2 d’Albert Einstein. C’est souvent un changement de paradigme dans la manière de penser qui amènera un scientifique à revoir les bases de certaines théories pour ensuite en proposer de nouvelles, ça se fait surtout au niveau de la science fondamentale ou recherche pure, et là il n’y a pas beaucoup d’élus… Ce n’est pas tous les jours non plus qu’on peut prétendre à réinventer un art…

Dans un autre ordre d’idée, la science évolue généralement assez lentement par nature méticuleuse et méthodique, et elle entre malheureusement en conflit avec les politiques économiques de certains pays trop axés sur la recherche des profits rapides dans un contexte de mondialisation vertigineuse accélérée, perdant de vue l’esprit même de la science : poser des questions, toujours des questions quant au sens de notre existence, d’où on vient, où on va, que peut-on faire pour améliorer encore un peu plus le sort de tous, etc. La science nous connecte sur une dimension de l’esprit qui transcende le temps, il en va de même pour les arts, je crois, voilà un autre beau point rapprochant les scientifiques et les artistes. Ah ! Parfois, les réconciliations, que ça peut faire du bien ! N’est-ce pas !? Mais qui a dit que les deux n’étaient pas réconciliables ? 

À propos de la science fondamentale : https://en.wikipedia.org/wiki/Basic_research

La science appliquée : https://fr.wikipedia.org/wiki/Science_appliquée

La méthode scientifique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Méthode_scientifique

La méthode qualitative (souvent en science sociale) :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Méthodes_qualitatives

La méthode quantitative :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Méthodes_quantitatives

L’épistémologie : https://fr.wikipedia.org/wiki/Épistémologie

Des nuances de gris…

Mais, attention tout de même, si on associe souvent l’idée de progrès à la science, il n’en va pas nécessairement de même avec l’art. Il y a tellement de nuances possibles quant au fond des propos que je tiens ici, dont : « C’est un point qu’il importe de saisir dès le début, car l’ensemble de l’histoire de l’art n’est pas le récit d’une marche vers le progrès technique, mais l’histoire d’un enchaînement des variations dans les idées et dans les exigences. » Source : Gombrich, E. H., Histoire de l’art, Gallimard, 1995, p44. 

Bien qu’on retrouve l’esprit créatif dans les arts en général, la fonction première n’a pas toujours été celle de créer pour créer, mais bien de répondre à des exigences précises, à des commandes, par exemple au sein de rites funéraires dans les clans, portraits officiels dans les familles royales, symbolique totémiste, etc. Pour reprendre l’idée du paragraphe précédent : on doit surtout retenir l’idée de la capacité de l’esprit humain à créer des choses incroyablement variées à l’intérieur de contextes culturels tout aussi variés. 

Dans une société technicienne et marchande où l’hyper compétitivité règne, on a tendance à pousser au maximum le rendement, la performance et le progrès, la créativité devient un élément central pour aller encore plus loin dans ce sens. Certes, c’est une question de survie pour les entreprises, mais la créativité ne se résume pas toujours à des questions de performance et de rendement, car l’esprit a aussi besoin de se recréer, il y a aussi un aspect ludique à ne pas oublier. Et ailleurs, on peut affirmer que rares ou inexistants sont les artistes évoluant en vase clos, la plupart sont redevables à d’autres personnes en répondant à des commandes de toutes sortes. Il faut bien vivre ! Pas si simple ! 

La créativité appliquée

On la retrouve à la fois en science, dans les arts décoratifs, le design industriel, le design graphique (infographie), etc. On vise l’atteinte d’un objectif pratique. L’infographie ou le design graphique par exemple sont des métiers intimement rattachés à des processus de communication et de mise en marché (marketing), dont le but pratique est de faire connaître un produit, un service, une organisation, etc. Je paraphrase ici les propos du communicateur québécois Claude Cossette ayant écrit de nombreux ouvrages et enseigné à l’Université Laval à Québec : en design graphique et en communication, la fonction prime sur la forme, tandis qu’en art (non appliqué) la forme prime sur la fonction, autrement dit, un artiste de nos jours peut tout à fait se concentrer que sur ce qu’il veut bien exprimer (ça ne pose aucun problème), mais le designer graphique doit obéir à la contrainte du message, il doit se préoccuper de ce qu’il faut dire, en trouvant les bonnes images, les bonnes couleurs, etc., en fonction d’un public cible dont les caractéristiques auront été bien définies. Le graphiste est un intervenant appelé à collaborer avec d’autres intervenants au sein d’un groupe plus ou moins large en communication et en marketing, et c’est précisément la coordination de ces intervenants qui permet de construire les visuels et les messages les plus efficaces. En design graphique il n’est pas important d’avoir un style, le style n’appartient pas à un individu en particulier, c’est aussi Claude Cossette qui le précise, le style appartient à une époque, à une période de l’histoire, et en design graphique il est essentiel de savoir récupérer ou agencer les éléments de styles pour répondre à des critères précis de communication en fonction d’un public cible bien défini. Les registres fonctionnels du vaste champ de la communication n’opèrent pas nécessairement sur les registres poétiques artistiques, bien que ces derniers puissent être récupérés dans la communication publicitaire de masse. L’art peut être autoréférentiel, mais pas le design graphique destiné à la communication de masse, ça va de soi. Et la création artistique, il ne faut pas l’oublier, n’est pas toujours libérée de toute contrainte, loin de là ! Les contraintes peuvent s’avérer très nombreuses.

Autoréférentiel : https://fr.wikipedia.org/wiki/Autoréférence

Art conceptuel : https://fr.wikipedia.org/wiki/Art_conceptuel

Dans un ordre d’idée plus large, le politicien devra maîtriser, disons « l’art appliqué de la rhétorique » dans le but de convaincre ses partisans et adversaires ou tout autre auditoire. Cet art de la persuasion poussé à son extrême limite nous amène dans le champ de la dialectique éristique, et là je ne ne pense pas qu’on puisse encore parler d’art, sinon que de « technique appliquée manipulatoire » je le dis avec un petit sourire en coin, en pensant à un certain monsieur Harp… qui gouvernait un pays dans lequel je ne me reconnaissais plus il n’y a pas si longtemps… Une nuance est importante ici, je ne dis pas que tous les conservateurs sont aussi tranchés que monsieur Harp…, car on en trouve aussi de bien plus modérés pouvant aussi apporter quelques progrès. Oup ! Je dois préciser que mes choix politiques n’ont jamais été favorables aux conservateurs, j’élimine donc tout ce qui est trop à droite. Je suis tout à fait à l’aise avec des politiques libérales de centre ou légèrement à droite. En matière d’orientation politique, c’est une opinion que je formule ici, tout ce qui tourne autour du centre, que ce soit centre gauche ou centre droit, me semble être un lieu de plus grande tolérance et un gage d’une meilleure productivité, car on peut amener plusieurs groupes assez distincts à collaborer à un projet de société viable. Quant aux extrêmes, soit à l’extrême gauche ou soit à l’extrême droite, on utilise souvent un discours belliqueux où on désire renforcer une position idéologique où on pratique une déconstruction systématique improductive des mouvements d’opposition laissant des marques profondes et amères au sein des sociétés touchées. Lorsqu’on fait face à ces extrêmes, c’est la société dans son ensemble qui finit toujours par rechercher un meilleur équilibre de la diversité des points de vue en recentrant les choix politiques, c’est une question, disons, de résilience créative vitale pour une population donnée… 😉

Comparez :

Rhétorique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Rhétorique

Dialectique éristique : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Dialectique_éristique

Les arts appliqués : https://fr.wikipedia.org/wiki/Arts_appliqués

Les sept Arts : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sept_arts

Wow les moteurs!!!

Rendu à ce niveau-ci on serait en droit de se demander où on s’en va avec tout ça ??? C’est très simple : le concept de créativité peut se rattacher à un très grand nombre de secteurs d’activité. C’est simplement impossible d’en faire ressortir toutes les déclinaisons. La créativité n’est pas que l’apanage des artistes, des écrivains, des musiciens, des scientifiques et autres. La créativité est accessible à tous en tout temps à l’intérieur de conditions assez variables d’un secteur d’activité à l’autre, dont on a déjà exploré certaines dimensions dans les paragraphes précédents.

Je considère le besoin de créer comme étant un état d’esprit où on ne se contente jamais tout à fait du statu quo, de ce qui est. Créer, c’est vital, c’est se recréer, et c’est possiblement ce qui permet à la vie dans son ensemble de s’adapter et de perdurer.

Dans quelque lieu que ce soit où on entre dans nos grandes villes, si on fait un tour à 360° sur nous-mêmes et qu’on ouvre bien grand les yeux, on a de quoi s’émerveiller de l’ingéniosité humaine, la créativité est partout, elle prend des formes incroyablement variées, étant le fruit du travail de l’esprit humain s’étant approprié son environnement matériel et l’espace pour en faire autre chose. N’est-ce pas là l’histoire de toute l’humanité, que d’avoir su s’adapter et se recréer au cours des siècles et des millénaires, et qu’on continue à le faire d’une manière aussi splendide ?

On peut aussi s’inspirer partout, à partir des merveilles intarissables de la nature, et aussi à partir des autres cultures tout aussi fertiles en idées de toutes sortes, il n’y a pas de limite.

Nous avons aussi de nos jours les réseaux sociaux, où on peut nourrir plus que jamais les esprits curieux et créatifs, tout y passe, les images, les textes de toutes sortes, les musiques, les voyages à travers le monde, de très belles choses et hélas de moins belles, il n’en reste pas pas moins que c’est formidale !

La créativité et l’innovation, c’est une invitation à fêter la vie dans ce qu’elle a de plus beau à offrir, c’est une ouverture et un voyage dans un monde à la fois extérieur et intérieur. Le Monde est en perpétuels changements, certains sont si lents et d’autres si rapides qu’on ne peut pas en prendre conscience par l’observation directe, la science nous permet le comprendre avec ses outils mathématiques et ses technologies associées. Aussi, des changements sont parfois très brusques, quoi qu’il en soit on n’a pas le choix, on doit s’adapter et l’accepter, se recréer, parce que c’est vital.

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En fin, ce texte, je l’aurai écrit pratiquement d’un seul trait, en prenant un certain soin à me relire et me corriger. Je n’avais aucune autre prétention que de revisiter des notions de créativité, pour lesquelles j’aurais pris un peu de mon temps pour les exposer ici de manière assez spontanée et large. C’est une invitation à l’exploiration…

Quant aux références, j’utilise régulièrement Wikipédia parce qu’il me semble particulièrement adapté aux médias sociaux, les articles les mieux écrits revoient souvent à de nombreuses autres références essentielles à porté de clic de souris. Ces textes sont souvent écrits par des experts, d’où leur pertinence. Les sous-liens offrent en soi un cadre élargi permettant de raffiner ses connaissances, d’explorer très rapidement différents sujets connexes. Comme dans n’importe quelle recherche, il est  toujours utile et essentiel de se documenter à plusieurs sources, dont traditionnellement les livres et articles provenant des meilleurs éditeurs, de les comparer, de les trier, etc. Ça demande beaucoup de temps. Par rapport aux idées avancées ici, on peut aussi trouver des informations très pertinentes dans la série Que sais-je publié par les Presses universitaires de France (PUF), aussi chez des éditeurs spécialisés, dont les encyclopédies Britanica et Universalis, etc. Certes, l’accessibilité aux médias sociaux donne un accès sans précédent à un ensemble de connaissances extrêmement riches, documentées et variées, où il n’est pas toujours si facile de pouvoir distinguer le vrai du faux. Je ne crois pas qu’une source d’information parfaite existe quelque part, alors autant saisir toutes les opportunités partout où elles se trouvent quitte à commettre quelques erreurs parfois.

Encyclopædia Britannica : https://fr.wikipedia.org/wiki/Encyclopædia_Britannica

Encyclopædia Universalis :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Encyclopædia_Universalis

Par rapport au vrai : https://fr.wikipedia.org/wiki/Vérité

Il n’y a rien de « véritablement » simple ! 🙂

Plus on apprend, plus on est capable de produire des relations riches et variées directement impliquées dans les processus créatifs. Aussi, plus on apprend, plus on se rend compte qu’on ne sait que très peu de choses, qu’on est assez limité et qu’on aura toujours besoin des autres. On apprend aussi à vivre avec l’incertitude qui nous porte à nous questionner. Un questionnement sain implique la mise en place ses propres processus de recherche pour trouver des réponses et solutions à nos questions.

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La créativité: 18 choses que les gens créatifs font différemment des autres

http://www.huffingtonpost.fr/2014/03/11/la-creativite-18-choses-gens-creatifs_n_4935621.html?ir=France

Autres liens :

https://www.virgin.com/richard-branson/my-top-10-quotes-creativity

https://sciencefriday.com/segments/sculpting-the-unending-bloom/

https://medium.com

https://www.mycoted.com/Category:Creativity_Techniques

http://www.buzzfeed.com/carolinekee/distractions-come-at-me#.uj0p86x3

http://www.santeplusmag.com/26-choses-que-les-personnes-creatives-font-differemment/

https://www.taschen.com/pages/fr/catalogue/art/all/48701/facts.lart_au_xxe_siecle.htm

https://unmondemoderne.wordpress.com/2013/05/26/art-et-technique-pierre-francastel-1956/ 

https://www.linkedin.com/pulse/driving-creativity-innovation-using-hands-on-approach-beaudoin?trk=prof-post

http://www.matthewschuler.co/why-creative-people-sometimes-make-no-sense/

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Einstein disait, je le paraphrase : ce ne sont pas tant les réponses qui comptent, il est plus important encore de toujours poser des questions…

Un bon conseil : ne recherchez pas la perfection ni une manière idéale de créer, partez de quelque part, lancez-vous, prenez des risques, ne craignez pas la critique, et construisez autour, en prenant tout de même un peu le soin de classer ou de regrouper vos idées, et continuez à poser des questions en essayant de répondre à chacune au fur et à mesure que se présentent les questions que vous aurez…

Le cerveau a de formidables capacités plastiques, il s’adapte en grande partie à ce qu’on lui demande, à force de travail et de persévérance, les neurones finissent par établir les connexions nécessaires, alors plus on créé plus on devient créatif, et je le répète, ça ne part jamais de rien…

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